Alberto Giacometti sur le réalisme et la vision

On peut s’imaginer que le réalisme consiste à copier… un verre tel qu’il est sur la table.

En fait on ne copie jamais que la vision qu’il en reste à chaque instant, l’image qui devient consciente… Vous ne copiez jamais le verre tel qu’il est sur la table; vous copiez le résidu d’une vision.

(…)

Lorsque je regarde le verre, de sa couleur, de sa forme, de sa lumière, il me parvient à chaque regard qu’une toute petite chose très difficile à déterminer, qui peut se traduire par un tout petit trait, par une petite tache, à chaque fois que je regarde le verre, il a l’air de se refaire, c’est-à-dire que sa réalité devient doutesue, parce que sa projection dans mon cerveau est douteuse, ou partielle.

On le voit comme s’il  disparaissait…

resurgissait…

c’est-à-dire qu’il se trouve bel et bien toujours entre l’être et le non-être.

Et c’est cela qu’on veut copier….

Entretien avec André Parinaud, Ecrits, p.273-274

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