miss Olympia wants revenge ::: série féministe ::: festival « suffragettesnotdead » :::

C’est un peu par hasard que Dominique, bien connue par la scène rock bruxelloise comme membre (chant, guitare…) des groupes Keiki, Babyfire et Doctor&Nurse me demanda, un soir pluvieux de septembre, de me lancer dans l’organisation collective et presque 100% fille de la première édition du festival « Suffragettesnotdead ».

Par hasard, et sans doute un peu par affinité, car elle avait eu l’occasion de jeter un oeil à mon travail plastique lors d’une des traditionnelles portes ouvertes de l’Aca. J’exposais à ce moment-là de grands dessins figuratifs, cadrages précis de portions de corps nus, féminins pour la plupart, brossés à grand coups de pinceau taché de fusain et d’eau dans un mouvement impétueux nourri de dévotion et de stupeur.

Surprise – agréablement – par cette proposition qui réveillait en moi des cordes féministes somnolentes, j’acceptai.

Bientôt quelques images de la série réalisée pour le festival. Composée de neuf pièces, elle juxtapose des paroles inspirantes de nanas exemplaires à des croquis et autres compositions anarchiques.

Cousus de fil rouge, ces petits carrés portent la marque d’un des arts auxquelles les femmes furent longtemps cantonnées.

Combler les espaces vides

Petit papier rédigé à l’époque sur la question des rapports entre genre et création. Une réflexion largement inspirée du bouquin « Une chambre à soi » (« A Room on one’s own ») de Virginia Woolf.

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SNAPSHOTHOUSE

SNAPSHOTHOUSE

Il y a des maisons. Dans les maisons, des gens vivent. Ils s’assoient dans le salon. Allument la télé. Se posent sur la cuvette des wc. Se couchent, se lèvent. Traînent leurs pantoufles sur le sol de l’appartement. Se lèvent, se couchent, ôtent et remettent leurs chaussures. Le matin, le soir. Ouvrent le frigo, le ferment. Sortent les assiettes. Les verres. Les couverts. Mettent la table. Mangent et débarassent. Parfois, font la vaisselle. Ou la font tourner, dans la machine. La cassent, occasionnellement. Exprès, ou par hasard. S’entourent d’objets plus ou moins utiles. Les déplacent, les utilisent, parfois oui, parfois non. Allument des ordinateurs, écrivent des bêtises. Les postent sur le Web. Appuyent sur des interrupteurs. Eteignent les lumières. Dans les maisons, des gens vivent. Il y a des maisons.

Le chignon de Patricia Douchka

C’est le moment de la pause à l’atelier de la rue du Midi.

Le modèle se couvre, je quitte ma chaise, le crayon est dans ma main.

Patricia parle à son voisin. Elle se tourne, discute, rit, relève la tête, l’incline. Elle regarde à gauche, à droite, son s’affaisse, puis se relève.

Son chignon de ballerine danse avec elle.

Le chignon de Patricia Douchka.

Danse! Danse! Danse!

Natacha Grimaud by Yang Wang

Natacha Grimaud by Yang Wang

Une journée de la danse. Une drôle d’idée sans  doute, aussi drôle que cette invention loufoque qu’est la journée de la femme. Et la journée de l’homme, c’est quand la journée de l’homme?

Une journée de la danse donc. Aujourd’hui. Aujourd’hui, dimanche 29 avril 2012. Aujourd’hui, à  presque 29 ans (pour ceux qui voudront m’offrir des fraises et du champagne, je suis née le 9 mai), j’apprends (mieux vaut tard que jamais) que la danse a sa fête, et que sa fête, c’est aujourd’hui.

Drôle d’idée, disais-je donc. Idée étrange. Pourquoi étrange, me direz-vous? Etrange, parce que, voyez-vous, je suis de plus en plus convaincue que la danse devrait faire partie de notre vie, de notre vie de tous les jours.

Pendant longtemps, trop longtemps, j’ai cessé de danser. Je peux pourtant m’estimer heureuse, d’avoir été inscrite dans un cours de classique, de ballet, d’avoir pu scander le rythme des notes du piano avec des jetés, des grands jetés, des pliés et des grands pliés, des ronds de jambes et des ports de bras.

Et pourtant, des années durant, j’ai cessé de danser.

Quelque chose de très triste et de très sombre. Comme un manque qu’on ne sait pas dire. Comme le souvenir d’une caresse qu’on aurait presque oubliée, ou l’empreinte d’une douceur si sensible et si fragile qu’on pourrait tout au plus, l’avoir rêvée.

Parfois, je retrouve ce chemin. Ce souvenir cuisant, cette plaie béante, est toujours présente. Elle s’ouvre, parfois.

Retrouver ces sensations, plonger dedans, m’y baigner nue… Une joie pleine de tristesse, une douceur vivace, sentir ce coeur nu, à vif.

Je ne crois pas m’être jamais sentie plus humaine qu’en dansant.

Vulnérable et puissante.

Humaine.

Danse! Danse! Danse!

Le message officiel pour la Journée de la Danse, par Alkis Raftis, Président du Conseil International de la Danse (UNESCO, Paris).

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Carnet de croquis #1

Un carnet, des modèles, des voyages… Des pages blanches, un crayon, une plume et un peu d’encre. Des chats, des mouettes, des êtres de passage, croisés sur une plage ou dans la rue, à la terrasse d’un café.

Voici mon premier carnet de croquis cuvée 2011. Je l’ai commencé vers le mois d’octobre, et je viens de noircir sa dernière page.

Etrange idée, peut-être, que celle de poster une sélection de ces dessins sur le Web. Il n’y a rien à dire, le plaisir du dessin est un plaisir solitaire. Griffoner sur le papier, les yeux caché derrière son carnet, pour y glisser des instants de vie saisis à la volée est un vrai délice.

Entre feuilleter un carnet et cliquer sur le bouton suivant, un peu de magie se perd. Mais tant pis, je me mouille. (à paraître car je ne suis pas parvenue à mettre ma galerie en ligne)

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