Danse! Danse! Danse!

Natacha Grimaud by Yang Wang

Natacha Grimaud by Yang Wang

Une journée de la danse. Une drôle d’idée sans  doute, aussi drôle que cette invention loufoque qu’est la journée de la femme. Et la journée de l’homme, c’est quand la journée de l’homme?

Une journée de la danse donc. Aujourd’hui. Aujourd’hui, dimanche 29 avril 2012. Aujourd’hui, à  presque 29 ans (pour ceux qui voudront m’offrir des fraises et du champagne, je suis née le 9 mai), j’apprends (mieux vaut tard que jamais) que la danse a sa fête, et que sa fête, c’est aujourd’hui.

Drôle d’idée, disais-je donc. Idée étrange. Pourquoi étrange, me direz-vous? Etrange, parce que, voyez-vous, je suis de plus en plus convaincue que la danse devrait faire partie de notre vie, de notre vie de tous les jours.

Pendant longtemps, trop longtemps, j’ai cessé de danser. Je peux pourtant m’estimer heureuse, d’avoir été inscrite dans un cours de classique, de ballet, d’avoir pu scander le rythme des notes du piano avec des jetés, des grands jetés, des pliés et des grands pliés, des ronds de jambes et des ports de bras.

Et pourtant, des années durant, j’ai cessé de danser.

Quelque chose de très triste et de très sombre. Comme un manque qu’on ne sait pas dire. Comme le souvenir d’une caresse qu’on aurait presque oubliée, ou l’empreinte d’une douceur si sensible et si fragile qu’on pourrait tout au plus, l’avoir rêvée.

Parfois, je retrouve ce chemin. Ce souvenir cuisant, cette plaie béante, est toujours présente. Elle s’ouvre, parfois.

Retrouver ces sensations, plonger dedans, m’y baigner nue… Une joie pleine de tristesse, une douceur vivace, sentir ce coeur nu, à vif.

Je ne crois pas m’être jamais sentie plus humaine qu’en dansant.

Vulnérable et puissante.

Humaine.

Danse! Danse! Danse!

Le message officiel pour la Journée de la Danse, par Alkis Raftis, Président du Conseil International de la Danse (UNESCO, Paris).