Le chignon de Patricia Douchka

C’est le moment de la pause à l’atelier de la rue du Midi.

Le modèle se couvre, je quitte ma chaise, le crayon est dans ma main.

Patricia parle à son voisin. Elle se tourne, discute, rit, relève la tête, l’incline. Elle regarde à gauche, à droite, son s’affaisse, puis se relève.

Son chignon de ballerine danse avec elle.

Le chignon de Patricia Douchka.

Lien

Carnet de croquis #1

Un carnet, des modèles, des voyages… Des pages blanches, un crayon, une plume et un peu d’encre. Des chats, des mouettes, des êtres de passage, croisés sur une plage ou dans la rue, à la terrasse d’un café.

Voici mon premier carnet de croquis cuvée 2011. Je l’ai commencé vers le mois d’octobre, et je viens de noircir sa dernière page.

Etrange idée, peut-être, que celle de poster une sélection de ces dessins sur le Web. Il n’y a rien à dire, le plaisir du dessin est un plaisir solitaire. Griffoner sur le papier, les yeux caché derrière son carnet, pour y glisser des instants de vie saisis à la volée est un vrai délice.

Entre feuilleter un carnet et cliquer sur le bouton suivant, un peu de magie se perd. Mais tant pis, je me mouille. (à paraître car je ne suis pas parvenue à mettre ma galerie en ligne)

///

Alberto Giacometti sur le réalisme et la vision

On peut s’imaginer que le réalisme consiste à copier… un verre tel qu’il est sur la table.

En fait on ne copie jamais que la vision qu’il en reste à chaque instant, l’image qui devient consciente… Vous ne copiez jamais le verre tel qu’il est sur la table; vous copiez le résidu d’une vision.

(…)

Lorsque je regarde le verre, de sa couleur, de sa forme, de sa lumière, il me parvient à chaque regard qu’une toute petite chose très difficile à déterminer, qui peut se traduire par un tout petit trait, par une petite tache, à chaque fois que je regarde le verre, il a l’air de se refaire, c’est-à-dire que sa réalité devient doutesue, parce que sa projection dans mon cerveau est douteuse, ou partielle.

On le voit comme s’il  disparaissait…

resurgissait…

c’est-à-dire qu’il se trouve bel et bien toujours entre l’être et le non-être.

Et c’est cela qu’on veut copier….

Entretien avec André Parinaud, Ecrits, p.273-274